
Engorgement des urgences : des améliorations, mais rien n’est gagné
Radio-Canada
Un mois après que le gouvernement Legault ait présenté trois mesures visant à désengorger les hôpitaux, des améliorations sont notables, mais pas suffisamment pour sortir les hôpitaux de la zone rouge.
Dimanche, selon les données gouvernementales, le taux d'occupation dans les urgences était considéré comme très élevé dans 12 des 16 régions du Québec (Nouvelle fenêtre). Radio-Canada a tenté d’évaluer les résultats obtenus jusqu’ici par les trois mesures phares annoncées début novembre par le ministre de la Santé, Christian Dubé.
Afin de libérer 1730 lits d’hôpital actuellement occupés par des patients âgés ne nécessitant plus de soins hospitaliers, le gouvernement Legault s’était donné comme objectif de trouver des places en CHSLD, mais aussi dans des cliniques de réadaptation et des résidences intermédiaires pour aînés.
Au dernier relevé, 1053 places sont ouvertes soit 61 % de l’objectif, indique le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) par courriel. Pour la région de Montréal, le nombre de patients NSA (c'est-à-dire qui doivent être relogés dans un endroit adapté à leurs besoins en soins) est passé de 756 à 634, note le ministère qui souligne qu’il s'agit d’une baisse de 16 % depuis le 1er septembre.
Historiquement, au Québec, 8 % des lits d’hôpitaux sont pris par ces patients-là, puis ça a monté jusqu’à 13-14 % cet été. Alors c’est vraiment devenu un gros problème, explique le docteur Gilbert Boucher, président de l'association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.
« Les choses s’améliorent graduellement, mais ça va dans la bonne direction. »
Lorsque l’état de santé des patients le permet, les autorités de santé essaient de privilégier l’attente à la maison plutôt qu’à l’hôpital pour ceux en attente d’une place en hébergement (CHSLD, résidences pour aînés, etc.) Pour Montréal, nous observons actuellement une diminution de 30 % du nombre d’usagers en attente d’hébergement à partir des centres hospitaliers, passant de 212 usagers au 1er septembre à 148 usagers, indique une porte-parole du MSSS. Cela libère des lits pour des patients en ayant réellement besoin.
Afin que les usagers puissent avoir accès à un rendez-vous avec un médecin sans passer par les urgences des hôpitaux, le gouvernement mise sur la centrale téléphonique 811, où un agent administratif oriente le citoyen vers le professionnel de la santé qui répondra le mieux à son besoin.
Pour la semaine se terminant le 12 novembre, 17 522 demandes avaient été reçues et 93 % de ces demandes (Nouvelle fenêtre) ont été traitées en moins de 36 heures par le GAP (Guichet d’accès à la première ligne). Mais à Montréal, seulement 78 % des demandeurs ont pu obtenir un rendez-vous.
