
Des agricultrices réclament de vivre leur grossesse en sécurité
Radio-Canada
Des agricultrices du Québec font des pressions actuellement pour obtenir des modifications aux différents programmes qui sont offerts habituellement aux femmes enceintes, comme les retraits préventifs. En ce moment, les agricultrices enceintes qui sont propriétaires de leur ferme doivent continuer à effectuer toutes sortes de tâches physiques qui mettent leur santé et celle du bébé en danger. Certaines d'entre elles militent pour que les programmes soient plus adaptés à leur réalité.
Marie-Pier Vincent est enceinte de 34 semaines. Tous les jours, malgré le poids de son bébé dans son ventre, elle doit s'occuper de sa cinquantaine de vaches. Elle est la seule propriétaire de sa ferme laitière, située à Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie, donc personne ne peut prendre la relève des tâches plus difficiles physiquement.
Parmi ces tâches, il y a le soulèvement de charges lourdes à répétition, comme donner de la nourriture aux vaches, conduire de la machinerie lourde, manipuler des hormones, etc.
À son premier rendez-vous de suivi de grossesse, sa médecin lui a clairement fait comprendre que sa situation est loin d'être idéale. Ça faisait vraiment pas son affaire! Elle m'a littéralement dit que je ne devrais pas et que c'était pas conseillé du tout. Elle m'a dit que c'était mon choix, mais que c'était à mes risques et périls, autant pour moi physiquement que pour ma grossesse, raconte Marie-Pier Vincent.
Au fil des semaines, Marie-Pier a dû accepter ses nouvelles limites. Elle n'est plus capable de traire ses vaches, c'est devenu trop difficile. Elle s'est résignée à faire appel à un travailleur étranger, qu'elle doit ajouter aux dépenses de sa ferme.
À titre de propriétaire, Marie-Pier Vincent a un statut de travailleuse autonome. Elle n'a donc pas accès au programme de retrait préventif de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESSTCommission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail). Elle croit cependant que le cas des agricultrices propriétaires devrait être traité différemment de celui des autres travailleuses autonomes.
On n'a pas vraiment le choix de continuer. Moi, mes vaches, je ne peux pas leur dire : on se revoit dans trois mois ou dans six mois!
