
Dépendance au jeu: dans la tête d’un joueur compulsif
TVA Nouvelles
«Ce n’est pas drôle cette affaire-là, il y a des gens qui se claquent des dépressions nerveuses et qui meurent!» Cette affaire-là, ce sont les jeux de hasard auxquels Jacques Gosselin est accro depuis plusieurs décennies. Il a voulu raconter son histoire au Journal afin de prévenir des dangers du jeu en ligne.
• À lire aussi: Jeux de hasard et d’argent: de plus en plus de Québécois se retrouvent au bord du gouffre
• À lire aussi: Sept millionnaires recherchés par Loto-Québec
«J’ai toujours été accro aux machines à sous», explique l’homme de 78 ans, rencontré chez lui dans le quartier de Sainte-Foy à Québec. «Mais là, ce n’est pas mêlant, c’est quasiment rendu un vice!»
Le regard tourné vers la fenêtre de sa salle à manger, il raconte comment il a commencé à jouer à l’âge de sept ans, alors qu’il remplaçait les vieux disques dans les juke-box d’une entreprise de la Rive-Sud. «Il y avait des vieilles machines à boules, et je pouvais jouer gratis», se souvient-il en souriant.
«Certaines boules étaient plus lourdes que les autres, et il fallait connaître la machine pour pouvoir gagner, c’était une vraie arnaque», ajoute-t-il.
L’habitude lui est restée, et il n’a jamais cessé de jouer. «Quand tu gagnes, c’est une euphorie, c’est pour ça que tu recommences», souligne le joueur, qui amenait autrefois ses enfants au casino pendant les vacances d’été en famille aux États-Unis. «Mais à un moment donné, les gens deviennent déraisonnables parce qu’ils pensent qu’ils vont battre la machine. Mais on ne peut pas battre la machine.»
Même s’il a «assez d’argent pour pouvoir en perdre» sans affecter sa qualité de vie, l’entrepreneur à la retraite convient que les pertes le «frustrent». «Ça me donne l’impression de m’être fait flouer», précise-t-il.
Certains joueurs plongent littéralement dans un état de détresse. «J’ai déjà vu un gars au salon de jeu qui avait perdu toute une soirée et qui disait à sa femme qu’il s’en allait chercher son .12 pour tirer sur la machine», raconte M. Gosselin.
