
Baseball: Legault devrait s'inspirer de Bouchard
TVA Nouvelles
Fin des années 1990, les Expos étaient déficitaires et leur départ semblait de plus en plus inéluctable.
Les propriétaires demandaient de l'aide de l'État, notamment pour la construction d'un nouveau stade au centre-ville (oui, l'histoire bégaie!).
Le premier ministre Lucien Bouchard aurait aimé garder le «baseball majeur» à Montréal. Mais pas à tout prix.
En mars 1999, il déclarait: «Les fonds publics devaient servir à d'autres fins que celles-là.» Citant son ministre des Finances Bernard Landry, il soulignait le «problème à demander de l'argent à des gens qui paient des impôts sur un revenu familial de 50 000 $ pour permettre de maintenir des niveaux de salaires mirobolants».
Le ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Bouchard, c'était... François Legault. En septembre 1998, il avait été propulsé ministre non élu. Un des premiers dossiers dont on lui avait parlé? Le baseball à Montréal. Le projet de stade au centre-ville.
Le nouveau ministre était pétri de doutes: «Je veux bien croire qu'il y a peut-être l'image du Québec à l'extérieur qui est importante, mais c'est quoi les retombées, et ça se compare comment avec d'autres projets?»
Sur le stade: «Est-ce qu'effectivement, au centre-ville, il y aura plus de monde qui viendra voir les parties des Expos? Est-ce que ça va marcher, cette affaire-là? Si ça ne marche pas, est-ce de l'argent qu'on vient de jeter dans la poubelle? [...] Le dossier n'est pas évident.»
Finalement, en mars 1999, le gouvernement Bouchard offrait aux Expos d'assumer les intérêts d'un prêt de 100 millions $ jusqu'à concurrence de 8 millions $ par le truchement de programmes de promotion touristique existants. Ce fut insuffisant.
Mais en fait, Québec aidait déjà l'équipe depuis que Charles Bronfman l'avait vendue à un consortium en 1991. Plein de coups de pouce indirects dont le chroniqueur Michel Girard avait dressé une liste: congé de loyer de l'ordre de trois millions par année au Stade olympique (lui-même non rentable); coûts d'électricité assumés par l'État à moitié; réfection du stade au coût de 30,5 millions de $ pour le «rendre plus accessible au baseball». Total: 60 millions $ sur 7 ans.
