
« On n’a pas besoin d’être sauvés, on a besoin d’être écoutés », disent les Autochtones
Radio-Canada
Quelques milliers de personnes ont célébré la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, jeudi, au centre-ville de Montréal.
Comme un affront fier et revanchard, c’est au pied de la statue déboulonnée de John A. Macdonald que les manifestants se retrouvent. Beaucoup d’entre eux portent un chandail orange, la couleur associée à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, qui rend notamment hommage aux enfants morts dans les pensionnats pour Autochtones et aux survivants.
Mais sur toutes les lèvres, il y a bien plus que cette blessure. Il y a un ras-le-bol général : racisme, manque de considération, de reconnaissance, de respect.
Devant la statue déboulonnée de celui qui a mis en place des politiques d’ethnocide, les gens parlent de leur sœur Joyce, de ces terres volées, du traumatisme intergénérationnel, du racisme systémique qu’ils voudraient que le gouvernement caquiste reconnaisse, de leur lassitude face aux mots qui ne sont pas suivis d'actions…
L’une des premières à prendre la parole, alors qu’une femme passe entre les rangs avec de la sauge, est Ellen Gabriel, figure militante connue pour son implication lors de la crise d’Oka.
Un silence religieux se fait lorsqu’elle prend le micro. La femme ne cache pas sa rage. Ils continuent de voler nos terres comme ils ont volé nos enfants. C’est assez, crie-t-elle.
Sa voix résonne en écho.
