
« Microneedling » à la maison : la mode TikTok qui laisse des marques
Radio-Canada
Des esthéticiennes et des dermatologues s'inquiètent des effets du manque de contrôle de ce soin, particulièrement populaire sur les résaux sociaux.
Des jeunes femmes se filment face à leur miroir. En quelques secondes, des dizaines de fines aiguilles s’enfoncent dans leur peau. Le visage rougi, gonflé, parfois sanguinolent, elles promettent un résultat éclatant dans quelques heures : pores resserrés, rides estompées. Bienvenue dans le monde du micro-aiguillage, une technique esthétique devenue virale sur les réseaux sociaux. Utilisée par des professionnels de la santé ou de l’esthétique, elle peut donner d’excellents résultats, mais, sans encadrement, les conséquences peuvent être irréversibles. Sur TikTok, tout ce qui est lié au mot-clic #microneedling cumule près de 2 milliards de vues. Face caméra, stylo en main, des créateurs de contenu vantent une peau repulpée, un teint lisse, un air rajeuni.En dermatologie, le micro-aiguillage est utilisé pour stimuler la production de collagène et d'élastine, favorisant la fermeté de la peau. Il peut atténuer efficacement les cicatrices d'acné, les rides fines et les vergetures en régénérant les tissus cutanés. Mais rares sont les vidéos qui mentionnent les risques. Beaucoup de jeunes reproduisent la technique à la maison, sans supervision ni environnement stérile. Et lorsque le soin est mal réalisé, ou sur une peau inadaptée à celui-ci, les cicatrices ne s’effacent plus. Vickie, 30 ans, qui souffre d'acné kystique, en a fait l’amère expérience. Séduite par la promesse d’une peau plus lisse, elle a réalisé elle-même son soin de micro-aiguillage. J’avais cru ce qu'on me montrait, le teint plus lumineux, les pores raffinés, confie-t-elle. Huit ans plus tard, sa peau reste extrêmement sensible selon les situations. Ça a vraiment fragilisé ma peau. Même encore aujourd'hui, elle est très très sensible au soleil, l'eau saline, les vapeurs de spa [...]. Je deviens très très rouge, très irritée, je me gratte le visage [...]. J’aurais aimé qu’on me mette en garde.

Déjà précaire au sein de nombreuses communautés francophones en milieu minoritaire, l’accessibilité aux soins de santé en français risque de se dégrader davantage en l’absence d’interventions structurées. Ce constat préoccupant émane d’une nouvelle étude réalisée conjointement par le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) et la Société Santé en français.












